23 octobre 2014

Recension : Nicéphore de Constantinople, Discours contre les iconoclastes

A l'occasion des précédents articles ayant rapport avec l'oeuvre du saint patriarche Nicéphore de Constantinople, nous rappelons la parution (en 2000) d'un ouvrage majeur le concernant, par une recension de JC Larchet publiée sur Orthodoxie.com :


Nicéphore, Discours contre les iconoclastes.
Traduction, présentation et notes par M.-J. Mondzain-Baudinet, éditions Klincksiek, Paris, 2000, 381 p. (« Esthétique »).

Les trois Antirrhétiques dont cet ouvrage nous offre la traduction figurent parmi les œuvres majeures de saint Nicéphore Ier le Patriarche (758-828) qui fut l’un des principaux défenseurs des icônes lors du second iconoclasme. 

Elles ont pour but de répondre aux arguments développés lors du concile iconoclaste de Hiéreia (754), les deux premières réfutant l’une après l’autre les Questions que l’empereur Constantin V avait formulées en vue de ce concile.

Elles ne se réduisent pourtant pas à des œuvres polémiques de circonstance : comme le souligne la traductrice, « l’enjeu iconique y est traité sous le mode universel ». Elles figurent, avec l’Apologétique du même auteur, les Discours de saint Jean Damascène et les Antirrhétiques de saint Théodore Studite, parmi les ouvrages fondateurs d’une théologie de l’icône, puisque l’icône y est
défendue comme totalement solidaire du fait de l’Incarnation. Contre certaines positions origénistes et monophysites dont lui paraissent avoir hérité les iconoclastes, saint Nicéphore consacre maints développements d’une grande profondeur à soutenir que le Verbe a assumé une pleine humanité qui, en tant que telle, impliquait la possibilité d’être représentée. On a donc affaire, au fond, à de véritables traités théologiques qui, sur certains points ont fourni à la christologie orientale des précisions significatives.

Il faut rendre hommage au travail très soigné de M.-J. Mondzain-Baudinet. La traduction est précise, et en marge de celle-ci figurent les subdivisions du texte grec de la P.G. qui a servi de référence, ainsi que les indications des sources scripturaires, patristiques et philosophiques de Nicéphore et des Questions qu’il réfute. Ces dernières ont été récapitulées en fin de volume, suivies de la traduction de l’Horos (Définition de foi) de Nicée II, d’un glossaire des hérésies citées par Nicéphore, d’un index des sources bibliques et autres. En début de volume figurent, après une introduction biographique et doctrinale, une bibliographie bien fournie sur les Sources, Nicéphore et l’Iconoclasme, ainsi qu’une chronologie. On trouve à la fin de l’ouvrage un important index relatif d’une part à la doctrine de l’icône et d’autre part au portrait de l’iconoclaste. Cette dernière partie, assez surprenante, consiste en une récapitulation des injures adressées par Nicéphore à Constantin, destinée non à nous rappeler la violence de la polémique et le style des disputes de l’époque, mais à illustrer l’une des thèses que la traductrice développe, dans son introduction, selon une perspective délibérément philosophique, en utilisant les catégories de l’esthétique et de la sémiologie : l’image de l’iconoclaste est une anti-icône. Les seules réserves que pourront faire les patrologues concerneront cette introduction qui, en raison de la méthode d’analyse utilisée, paraît souvent en décalage avec l’esprit et le sens profond du texte. 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire