16 août 2015

L'icône d'Ancha


L'icône du Sauveur d'Ancha connue en Géorgie sous le nom d'Anchiskhati (géorgien :ანჩისხატი) est une icône à l'encaustique de l'époque médiévale géorgienne, traditionnellement considérée comme étant le Keramidion, la "Sainte Tuile" sur laquelle s'est imprimée miraculeusement la face de Jésus Christ au contact de l'image d'Edesse (Mandylion). Elle est datée du VI-VII ème siècle, recouverte d'une riza en argent et en partie repeinte aux siècles suivants. 
Son nom vient du monastère géorgien d'Ancha, région située actuellement au Nord Est de la Turquie ; L'icône fût amenée à Tbilissi en 1664, elle se trouve actuellement au musée d'Art National de Géorgie à Tbilissi.


Histoire :

Des sources médiévales géorgiennes identifie l'icône d'Ancha avec le Keramidion, la "Sainte Tuile Sainte" sur laquelle s'est imprimée miraculeusement la face de Jésus Christ au contact du Mandylion.
Représentation (russe) de la pose de la tuile devant le mandylion placée dans le mur d'enceinte de la ville d'Edesse. 
(cf. histoire du mandylion)

Fresque représentant la Sainte Tuile.

D'après l'hymnographe géorgien Ioann, evêque d'Ancha (vers 1195) l'icône fut apportée de Hiéropolis en Géorgie par l'apôtre André. Une inscription du XVIII ème siècle sur la riza associe l'Anchiskhati avec l'image d'Edesse, « icône non faite de main d'homme » déposée à la cathédrale d'Ancha dans la principauté géorgienne de Klarjeti afin de la sauvegarder lors de la campagne iconoclaste menée par l'empereur Léon III l'Isaurien.

Au XVI ème siècle, le christianisme déclina dans la région suite à la conquête ottomane de la principauté géorgienne de Samtskha dont faisait partie la Klarjeti. En 1664, le marchand Amirjan Levangulishvili apporta l'icône d'Ancha à Tbilissi et le Catholicos géorgien Domenti II l'acquit pour la somme de 2000 pièces d'argent pour l'église, nouvellement rénovée, de la Nativité de la Mère de Dieu à Tbilissi et connue depuis lors comme l'église de l'Anchiskhati
L'icône resta l'une des reliques les plus vénérées de Géorgie jusqu'à la prise de pouvoir soviétique de la Géorgie après quoi elle fût déplacée en 1920 au Musée National d'Art de Géorgie. 
L'église de l'Anschiskhati fut fermée et ne rouvrit qu'aux dernières années de l'Union Soviétique, dans les années 80.
Depuis des appels répétés des chrétiens orthodoxes furent émis pour que l'icône soit rendu à la propriété de l'Eglise. 



Description : 

L'icône du Sauveur d'Ancha est une icône à l'encaustique identifiée et datée du VI-VII ème siècle lors d'analyses détaillées faites dans les années 20 par l'historien d'art Shalva Amirashvili . 

A la fin du XII ème siècle l'icône fut recouverte d'une ciselure dorée par le maître Beka Opizari à la demande de l’évêque d'Ancha, Ioann Rkinaeli et la reine Tamar de Géorgie

Au début du XIV ème siècle l'icône fut transformée en triptyque financé par les Jaqeli, princes de Samtskhe. La ciselure fut modifiée plusieurs fois et ornée par diverses inscriptions datées du XII, XIV, XVI et XVIII ème siècle. Les enchâssements du XIV ème et XVII ème siècle dépeignent 12 scènes du Nouveau Testament de l'Annonciation à l'Ascension du Christ. 


L'icône (105 x 71 x 4,6 cm) sans « kiot » (écrin en bois) est enchâssée dans le panneau central du triptyque de sorte que seul la Face du Sauveur reste visible. La chasse en argent remanié en 1825 présente le Christ Pantocrator alors que la peinture d'origine à l'encaustique montre le buste du Christ. Le cadre du panneau central est ornementé par le travail de Beka Opizari, sommet de l'Art médiéval Géorgien. Les deux figures en pied de Saint Jean Baptiste et de la Mère de Dieu sont situés symétriquement de part et d'autre de l'icône du Christ, créant ainsi une « Deisis ». On aperçoit les archanges Michel et Gabriel et les apôtres Pierre et Jean sur les coins du cadre. 

L'icône au musée


Bibliographie 
- (Russian) Анчийский Спас (The Savior of Ancha), «Православная энциклопедия» (2001), Т. 3, С. 16-17 (Orthodox Encyclopedia, 2001, Vol. 3, pp. 16-17) [Online version]
- Karaulashvili, Irma (2007). "The Abgar Legend Illustrated: The Interrelationship of the Narrative Cycles and Iconography in the Byzantine, Georgian, and Latin Traditions". In Hourihane, Colum. Artistic Interchange Between the Eastern and Western Worlds in the Medieval Period. University Park, PA: Penn State University Press. pp. 223–224. ISBN 978-0-9768202-4-6.
- Chichinadze, Nino (2008), "Precious metal revetments on Georgian medieval painted icons: some observations on a devotional practice", in: Caucasus Journal of Social Sciences, vol. 1, issue 1: pp. 261–262
- Djobadze, Wachtang Z. (1992), Early Medieval Georgian Monasteries in Historic Tao, Klarjet'i, and Šavšet'i, p. 18. F. Steiner, ISBN 3-515-05624-6


Traduction française Malcy Varrenne pour Iconophile.

Une copie de l'icône d'Ancha,
ici dans l'église orthodoxe Saint-Michel Archange de Cannes en Août 2010, une des étapes de son tour du monde dans l'espoir que l'icône original soit rendu à l'Eglise.
La même copie de l'icône d'Ancha en Géorgie.



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