13 septembre 2019

Lieux saints de Minsk


Excursion dans l'église de l'icône de la Mère de Dieu Souveraine au monastère Sainte-Elisabeth à Minsk (Biélorussie).


Nous sommes debout dans la fil pour recevoir les saints dons et nous incliner devant les reliques et les icônes qui se trouvent ici. Il y a un grand nombre d’endroits où se recueillir, toujours disponibles pour les fidèles. Aujourd’hui nous sommes allés à la cathédrale en l’honneur de la Mère de Dieu « Souveraine (Derjavnaya) ».

Le porche est digne de celui du palais du tsar. La coupole, quant à elle, ressemble à celle d’une basilique de Byzance, et au-dessus encore d’autres bulbes dorées. On comprend tout de suite que la religion orthodoxe est venue jusqu’à nous, de Byzance par l’intermédiaire de la Rus de Kiev.

La cathédrale de Novinki porte le nom de l’icône de la Mère de Dieu « Derjavnaya ». Elle fut construite non loin du couvent Sainte-Elisabeth, comme servant de paroisse. Car selon les canons de l’Église, il est interdit de se marier et de baptiser dans les églises dépendantes des monastères.

La nouvelle église se veut festive et possède une décoration intérieure très riche.

On y trouve un sol en granit à motifs, des sculptures en bois et en pierre, des incrustations, des ornements complexes, des fresques colorées et de grandes mosaïques. La combinaison mosaïque/peinture est assez rare, bien qu’elle fut utilisée pour les cathédrales Sainte-Sophie de Constantinople et Sainte-Sophie de Kiev.

Les fenêtres de la cathédrale sont composées de plaques de vitraux multicolores. On a représenté les saints debout sur les murs, ces représentations contiennent les reliques.

C’est très pratique pour les fidèles, car les reliques leur sont toujours disponibles et en même temps, pas besoin de se faire du soucis quant à leur conservation. Ce n’est un secret pour personne, dans beaucoup de paroisses, les prêtres ont peur de mettre les reliques à disposition des fidèles, ils les conservent à l'autel, pour qu’on ne les abîme pas, ou comme cela arrive, pour ne pas qu’on les dérobe.

Nous allons maintenant faire connaissance avec les saintes icônes présentes dans la cathédrale et elles sont nombreuses. C’est sœur Svetlana, qui nous emmène, responsable du service excursion.
Nous effectuons la visite dans le sens des aiguilles d’une montre.

A l’entrée se trouve l’icône des saintes martyres Véra, Nadejda et Lioubov ( Foi, Espérance et Charité) avec leur mère Sofia. A côté se trouve l’icône de saint Bartholomée, l’un des douze apôtres. Puis viennent ensuite les saints Dimitri de Rostov, Jean Chrysostome, Grégoire de Naziance et Basile de Césarée. On continue notre visite… Saint Siméon le stylite, les saints thaumaturges saint Côme et saint Damien, les saints martyrs Ignace le Théophore et Clément de Rome.

A gauche de l’autel, on s’incline devant des icônes de saint Pierre et saint Paul, à droite devant celle de l’apôtre André, qui a enseigné la foi du Christ sur la terre de la future Rus de Kiev et peut-être même jusqu’à Valaam. Leurs reliques se trouvent dans des coffrets de marbre au pied de leurs icônes.

« Ici dans l’abside, la Vierge « orante » a été représentée sur le mur que l’on dit ’ incassable’ », nous précise Svetlana. 

Sa hauteur est de 7,5 m, mais la forme sphérique de la voûte cache ses dimensions. Si on se déplace lentement de l’entrée vers l’autel, le visage de la Mère de Dieu semble prendre vie, c’est effectivement l’impression que j’ai eu. Notre représentation à nous est plutôt affectueuse, si on la compare avec les représentations de type byzantine, dont l’expression dans le visage et le regard est plus sévère.

Afin de représenter ses personnes par la mosaïque, il nous fallait trouver des professionnels expérimentés, mais ce ne fut pas simple de les trouver. Du coup nous nous sommes appuyés sur les livres, les anciennes représentations et le zèle des jeunes, qui ont travaillé sur l’ornementation de la cathédrale. Ils ont consulté nombre de spécialistes en encollage, afin de savoir comment cette masse de mosaïque pouvait tenir sous les voûtes et la coupole.

Ils ont longtemps chercher les feuilles d’or (smalt doré). Ils en ont trouvé un peu à Kiev et à Novgorod,  il avait été conservé dans des réserves pendant toute la période soviétique. On l’a ramené à Minsk. Mais ce n’était pas suffisant, et ce produit reste très cher. Alors ils ont cherché un moyen de le fabriquer eux-même. On a essayé différents ingrédients. Et finalement, le smalt fut cuit dans notre monastère.

Nous nous dirigeons maintenant de l’autel au mur sud. Ici, nous trouvons les saints martyrs Cyprien et Justine, les défenseurs de la Patrie saints Alexandre Nevski et Theodore Ouchakov. Saint Alexis de Rome, « Homme de Dieu », saint Théophane le Reclus, l’évangéliste Marc, puis l’icône des saintes sœurs martyres Minodora, Mitrodora et Nimfodora, qui ont enduré le martyr pour le Christ au IIe siècle.

« Et voici saint Nicolas de Myre, le prêtre (père Andreï Lemechonok est recteur de la cathédrale et le confesseur du monastère) le surnomme ‘notre sponsor’ », nous dit en souriant sœur Svetlana. Chaque jour, les sœurs récitent son acathiste.

 Une autre icône de saint Nicolas, écrite pas des vieux-croyants et venant de la région d’Arkhangelsk, avec quelques reliques se trouvent dans l’église saint-Nicolas du monastère.

Dans le vestibule se trouvent les reliques de saint Jean-Baptiste, qui ont été ramenées ici, près de son icône,  par l’évêque Luc de Cetinje, un ami de ce monastère. C’est au monastère de Cetinje, au Monténégro, qu’est conservée la main droite de saint Jean-Baptiste, nous rappelle Svetlana. Tout près de cette icône, celle de sainte Nathalie, qui est la protectrice du foyer familial. Les reliques de saint Pantéleïmon nous ont été transmises par le monastère russe saint Pantéleïmon du mont Athos. Ici, il y a également l’icône du saint martyr Dimitri Solounski. C’est l’icône de Marie l’Égyptienne, qui clôt cette rangée, nous n’avons pas pu acquérir ses reliques, elles se trouvent encore sur son lieu de décès, dans le désert jordanien.


A droite, il y a huit icônes sur le mur sud : celle de sainte Marie Madeleine, saint Antoine le Grand, fondateur du monachisme, saint Martin de Tours, très vénéré en France, où il fonda un grand monastère de presque mille moines, saint Jacques de Zébédée, le premier martyr saint Etienne, saint Ambroise le Mélodieux, dont les mélodies résonnent  toujours dans nos églises, le grand martyr saint Theodore Tiron, la sainte martyre Barbara.
« Les pèlerins ayant fait un long trajet se recueillent devant son icône », nous raconte sœur Svetlana. C’est ce qu’a fait Euphrosyne de Polotsk : elle s’est recueillie devant les reliques de sainte Barbara à Kiev, elle a prié pour ne pas mourir sans se confesser ni communier, puis elle est allée à Jérusalem.

Dans la crypte du monastère, il y a une  église servant aux baptêmes. Elle a été construite dans le style des premières églises des catacombes, avec une grande bassine sculptée dans la pierre pour l’immersion des adultes. Pour le baptême des enfants, le prêtre installe une bassine qui peut être transportée.

Traduction française Charlène Ballu pour Iconophile.


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